Analyse de l'actualité politique africaine et mondiale, des faits de société et présentation des ouvrages publiés
Le parlement congolais vient d'adopter par 280 sur 300 une loi portant sur l'opposition politique.Elle reconnait une opposition dite républicaine ou parlementaire et une autre dite extraparlementaire. Si le grand mérite de cette loi est d'exister, elle suscite ma plus grande réserve car quelques interrogations de taille subsistent à savoir:
1) Pourquoi faire élire par des parlementaires un coordonnateur de cette opposition alors que le leadership de cette opposition comme d'ailleurs du pouvoir doit être dans un état de droit la resultante de l'expression populaire et le cas écheant des élections?
2) Pourquoi ce chef de l'opposition doit-il avoir un rang de ministre pour l'allier et le lier à l'action du gouvernement et tisser ainsi sa dépendance à ce dernier?
3) Pourquoi tenter d'orienter un leadership qui dans le pays doit être pluriel?
4) cette sorte de reprise en mains politique n'augure t-elle pas d'autres dans les domaines du syndicalisme, de la presse ou des associations?
5)Comment envisager l'élection par les parlementaires du chef d'une opposition extraparlementaire qui ne reconnait pas les scrutins qui ont mis en place les nouvelles institutions?
Pour le moins comment assurer la transparence et l'équité d'une élection sans aucun membre électeur d'une opposition qui n'a pas de representation parlementaire?
L'opposition politique comme les associations et tous les acteurs doivent evoluer dans le cadre d'une loi respectant les droits et les libertés humaines, la libre expression et le droit de s'associer.
Une loi ne peut reprendre d'une main(la liberté de l'action de l'opposition et son indépendance en vérouillant sa direction) ce qu'elle tente de donner d'une autre à savoir ici une reconnaissance de l'opposition.