Je suis surpris par la stupéfaction de nombre de personnes par la mobutisation lente mais inéluctable du régime de Kinshasa. Quand vous ajoutez 1 kilo de viande de boeuf à 10g de poulet, vous mangerez de la viande de boeuf. Eu égard au nombre d'anciens mobutistes qui font la pluie et le beau temps à Kinshasa, qui occupent l'essentiel du pouvoir congolais, la dérive mobutiste du régime n'est que la logique inévitable du processus d'encerclement des anciens kabilistes par les anciens mobutistes. La théorie du boa: encercler, serrer pour mieux etouffer et liquider. La dérive mobutiste du kabilisme risque fort bien de se transformer bientôt au retour du mobutisme. Cette mobutisation se fait en trois phases: les mentalités avec l'absolutisation du pouvoir, le refus de la critique, les manoeuvres d'intimidation, les arrestations arbitraires et la déefication des chefs. La mauvaise gouvernance avec une confusion voulue des biens personnels et ceux de l'Etat, la corruption et le detournement des fonds. Le fruit mûr finit par tomber de lui-même et la phase finale est la prise du pouvoir total encouragé en cela par la naïveté d'un monde politique qui ne voit que le chef et refuse le rôle des courtisans. Il manque cependant le charisme du maréchal. Il faut aussi noter l'hypocrisie d'une politique internationale qui a parrainé ce retour en force des anciens mobutistes et qui aujourd'hui feint de s'émouvoir des résultats d'une telle bévue politique dont la victime est encore et toujours le peuple congolais.