La politique congolaise souffre des plusieurs maladies que je nomme facteurs écueils et qui handicapent grandement toute action politique dans le pays. Parmi ceux-ci, les plus importants sont la logique du conflit avec deux constances à savoir le conflit comme gagne-pain ou tremplin pour le pouvoir et le conflit comme argument de rejet de toute idée émanant de l'autre non pas qu'elle soit inpertinente mais parce que venant de cet autre. Lorsque le conflit devient un argument de pouvoir et une façon d'étaler sa puissance, il dégénere en conflits de haute intensité comme la guerre, la dictature, la corruption. Le second facteur écueil est la mentalité d'un peuple qui acclame les antivaleurs comme la corruption, la calomnie, l'intolérance, la cruauté, la tricherie. Ce peuple piétine sans aucun regard les plus faibles, les enfants des rues, les enfants abandonnés, ceux et celles qui plaident pour la démocratie, pour la liberté. La mentalité change lorsqu'un peuple comme un seul homme se lève pour defendre en priorité les intérêts généraux du groupe, de la nation et non les intérêts partisans de cette minorité qui s'accapare le pouvoir et qui corrompt pour rester en lice. La mentalité du peuple aura changé lors que ce peuple exigera au moment qu'indique le calendrier éléctoral la tenue des nouvelles éléctions tant présidentielles que legislatives. Ce peuple aura changé quand il poussera ses leaders à respecter leurs engagements non pas dans un esprit qui nourrit la logique du conflit mais dans celui de l'intérêt de la nation. Ce peuple aura changé quand il saura dire non ou oui pour défendre en priorité ses intérêts. La mentalité de tout peuple tient beaucoup de celle de ses leaders. Le peuple congolais marche sur le chemin de ses chefs et la première réforme de l'Etat congolais serait que la parole du peuple soit dite et entendue aussi bien du pouvoir, des oppositions, des tous les chefs que des partenaires du Congo. Les premiers pourvoyeurs du malheur et du mal congolais sont d'abord les responsables congolais dans leur diversité et dans leur façon d'appréhender la question de la nation. C'est vers eux que le peuple doit pointer ses flèches en premier. Le troisième facteur écueil est la permanence de l'idée du pouvoir partagé et de la transition politique. Il est plus que temps que les responsables congolais assument leurs actions aussi bien au pouvoir que dans l'opposition. Tout le monde ne peut pas être au pouvoir en même temps tous les temps. Il n' y a plus de capacité à dégager des responsabilités évidentes de chacun. Il faut un pouvoir et une opposition. Chacun doit remplir sa mission dans le respect des lois. Pour ce, doit naître cette espérance démocratique qui permet aux autres d'envisager démocratiquement les altérnances politiques. Les oppositions ne doivent pas avoir comme seule alternative d'alternance l'usage de la violence. La dictature est de loin le facteur écueil le plus important car elle nourrit tous les autres avec son poison. Comment décrire la dictature sinon que c'est le néant de l'homme. La totalité de ce texte paraîtra dans mon prochain ouvrage.