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Analyse de l'actualité politique africaine et mondiale, des faits de société et présentation des ouvrages publiés

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Leçons de la crise politique belge

Avec sa crise politique, la Belgique devient un cas d'école en la matière. Surtout sur la question du fédéralisme.
Je tire quelques leçons de cette nouvelle histoire belge.
1) Dans une négociation politique, la stratégie du "non permanent" ne peut être une fin en soi. C'est une des étapes du processus. Il est important de connaître la juste mesure qui permet de rébondir avec un "oui" salvateur sans perdre la face.
2) L'ampleur d'une victoire éléctorale ne permet pas de faire n'importe quoi et de faire tout. La victoire éléctorale permet d'envisager la mise en place d'un projet de société qui a l'obligeance de s'adapter aux réalités politiques de l'heure. Il est parfois utile d'étaler dans le temps, celui d'une legislature, la concrétisation d'un plan politique qui necessite une certaine maturité.
Les 800.000 élécteurs de Yves Leterme ne lui ont pas permis de concrétiser une négociation politique. Un homme politique doit avoir la maîtrise politique de son électorat qui parfois conduit aux décisions politiques hasardeuses.
3)Il n'est pas bon de se moquer de l'incendie qui ravage la case du voisin.
Les donneurs des leçons belges ont aujourd'hui les pieds dans les choux de Bruxelles.
Au rythme où vont les choses, il faudra faire venir Kabila, Tshisekedi, Mbemba, Kengo, Soro, Ggabo, Bongo, Wade, Mandela ou Mbeki comme médiateur en Belgique. La boutade a pour but de rappeller aux Belges combien ils ont souvent l'art de prodiguer des leçons aux Congolais et aux autres sur l'art du compromis belge.
4) Le non n'est pas une solution politique. C'est dans la confrontation des projets, des idées, des visions, des initiatives qu'on finit par trouver un compromis qui est  la finalité de toute négociation politique.
La négociation à la soviétique où on ne négocie que ce qui est dans l'assiette de l'autre n'est plus d'actualité.
Humilier, censurer, imposer, ce n'est pas négocier, c'est "dictaturer".
5)Toute négociation sur fond électoraliste conduit à un échec.
Le négociateur doit de temps en temps s'élèver au dessus de ses intérêts partisans pour comprendre les attentes de l'autre. C'est dans cette attitude que le compromis se construit.
Le bras de fer est préjudiciable à toute négociation.
Les Flamands et les Wallons sont dans une posture de bras de fer. C'est en sortant de celle-ci qu'ils trouveront une issue à l'impasse politique.
6)Le fédéralisme, la régionalisation et la décentralisation exigent une grande capacité de négocier, d'écouter et de comprendre.
Tout est fonction de dose. Tout excès conduit au séparatisme.
 
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